Époque contemporaine · 2003–2011

Guerre d'Irak

En mars 2003, une coalition menée par les États-Unis envahit l'Irak pour renverser Saddam Hussein, en invoquant des armes de destruction massive dont l'existence ne sera pas confirmée après la guerre. Le régime s'effondre en quelques semaines, mais le pays sombre dans l'insurrection et les violences entre communautés. Les États-Unis renforcent leur présence en 2007, avant de retirer leurs dernières troupes en 2011.

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Période
2003–2011
Type de conflit
Guerre entre États
Pays concernés (aujourd'hui)
Irak, États-Unis, Royaume-Uni
Camps en présence
Coalition menée par les États-Unis et le Royaume-Uni, puis forces américaines et gouvernements irakiens soutenus par ellescontreRégime de Saddam Hussein jusqu'en 2003, puis insurgés sunnites et chiites, milices et groupes djihadistes, dont Al-Qaïda en Irak
Issue
Chute rapide du régime de Saddam Hussein, mais pays plongé dans l'insurrection et les violences communautaires ; le retrait américain de 2011 n'est pas suivi d'une stabilisation durable.

Les causes

Après les attentats du 11 septembre 2001, l'administration de George W. Bush désigne l'Irak comme une menace. Elle affirme que Saddam Hussein possède des armes de destruction massive et entretient des liens avec Al-Qaïda ; ces affirmations ne sont pas confirmées après la guerre. Une résolution de l'ONU adoptée en novembre 2002 demande le désarmement de l'Irak, sans fixer explicitement l'usage de la force. La France, l'Allemagne et la Russie s'opposent à l'invasion, que Washington et Londres justifient par les résolutions précédentes, ce qui reste un sujet de débat.

La politique américaine à l'égard de l'Irak se durcit après la guerre de 1991. Des sanctions économiques et une surveillance des armements sont imposées par l'ONU ; les bombardements américains et britanniques de décembre 1998 ne mettent pas fin aux tensions. En octobre 1998, le Congrès américain adopte l'Iraq Liberation Act, qui soutient les opposants à Saddam Hussein. En octobre 2002, le Congrès autorise l'emploi de la force contre l'Irak, et l'idée d'un changement de régime se diffuse dans l'administration américaine. Le déclencheur immédiat est l'ultimatum lancé par George W. Bush en mars 2003, après l'échec des inspections de l'ONU.

Le déroulement

Le 20 mars 2003, une coalition menée par les États-Unis et le Royaume-Uni envahit l'Irak. Les forces de la coalition prennent Bagdad en avril, et l'armée irakienne, dissoute au printemps par l'administration américaine, cesse d'exister. Saddam Hussein est capturé en décembre 2003 près de Tikrit. Jugé par un tribunal irakien, il est exécuté fin 2006.

Le pays bascule dans l'insurrection. Des groupes armés sunnites, dont Al-Qaïda en Irak, et des milices chiites s'en prennent aux forces étrangères comme aux civils, et les affrontements entre communautés se multiplient. En février 2006, l'attentat contre la mosquée de Samarra déclenche une vague de violences entre sunnites et chiites. En 2007, les États-Unis renforcent leur contingent, la « surge » ; la baisse des violences qui suit est attribuée en partie à cette stratégie et à des alliances locales. Un accord signé avec Bagdad en 2008 prévoit le retrait des troupes, achevé en décembre 2011.

Le 1er mai 2003, George W. Bush annonce la fin des combats principaux à bord du porte-avions USS Abraham Lincoln, devant une bannière « Mission accomplie ». La même année, l'administrateur américain Paul Bremer dirige l'Autorité provisoire de la coalition, qui décrète la débaasification des cadres du parti Baas. Cette mesure écarte de nombreux fonctionnaires et militaires, ce que de nombreux analystes considèrent comme un facteur d'instabilité. En 2004, les révélations sur les mauvais traitements de détenus à la prison d'Abou Ghraib et les combats de Falloujah, en avril puis en novembre, renforcent l'opposition à l'occupation.

En janvier 2005, les Irakiens votent pour une assemblée constituante, malgré les attentats et le boycott d'une partie des sunnites. Une constitution est approuvée par référendum en octobre 2005 ; elle reconnaît une région kurde autonome dans le nord. Nouri al-Maliki devient Premier ministre en mai 2006, et son gouvernement est accusé par une partie de la population de favoriser les chiites, ce qui alimente la défiance des sunnites. Les attentats et les violences entre communautés se multiplient à Bagdad, dans des quartiers mêlés, et de nombreuses familles quittent leur logement pour rejoindre des quartiers homogènes.

À partir de 2006, des tribus sunnites de la province d'Al-Anbar, puis d'autres régions, s'opposent à Al-Qaïda en Irak et forment des milices dites Sahwa, « réveil », soutenues par les forces américaines. Ce renversement d'alliances contribue à la baisse des violences à partir de 2007, aux côtés de la surge. Les engins explosifs improvisés, placés en bord de route, restent alors la principale menace pour les soldats américains. Des milices chiites demeurent actives, et leurs liens avec l'Iran font l'objet de débats.

Les conséquences

La dictature de Saddam Hussein prend fin, mais l'Irak reste instable pendant des années, et le bilan humain de la guerre est très lourd, sans consensus sur son ampleur exacte. Le vide sécuritaire et les tensions communautaires favorisent, en 2014, l'émergence de l'État islamique, qui contrôle alors une partie du territoire irakien. Les débats sur les justifications de l'invasion et sur ses conséquences restent vifs, en Irak comme dans les pays occidentaux.

Le Kurdistan irakien, de fait autonome depuis 1991, obtient une reconnaissance constitutionnelle en 2005, ce qui modifie durablement l'équilibre politique du pays. Plusieurs enquêtes examinent les failles du renseignement avant la guerre : une commission du Sénat américain conclut en 2004 que de nombreuses évaluations sur les armes de destruction massive n'étaient pas étayées par les renseignements, et au Royaume-Uni, le rapport Chilcot, publié en 2016, critique la préparation de l'intervention britannique. Les conséquences régionales sont aussi notables, avec un rôle de l'Iran dont l'ampleur fait débat. La guerre nourrit enfin les débats sur le rôle des pays occidentaux au Moyen-Orient.

Frise chronologique

  1. 2003Une coalition menée par les États-Unis envahit l'Irak
  2. 2003Chute de Bagdad, puis capture de Saddam Hussein
  3. 2006Attentat contre la mosquée de Samarra : montée des violences entre communautés
  4. 2007Renforcement du contingent américain, la « surge »
  5. 2011Retrait des dernières troupes américaines

Personnages clés

  • George W. Bush, président des États-Unis, qui décide l'invasion de l'Irak
  • Saddam Hussein, président de l'Irak, renversé en 2003
  • Tony Blair, Premier ministre britannique, allié des États-Unis dans l'invasion
  • David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, qui conduit la « surge »

Testez-vous en 3 questions

Question 1 sur 3

Quel dirigeant irakien est capturé en décembre 2003, près de Tikrit ?

Questions fréquentes

Pourquoi les armes de destruction massive ont-elles été au cœur du débat ?

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont justifié l'invasion par la présence supposée d'armes de destruction massive en Irak. Aucun stock actif de ce type n'a été retrouvé après la guerre, et l'argument est aujourd'hui largement reconnu comme erroné.

Pourquoi cette guerre est-elle aussi appelée « deuxième guerre du Golfe » ?

Elle fait suite à la guerre du Golfe de 1991, au cours de laquelle une coalition avait chassé l'armée irakienne du Koweït. Les deux conflits sont donc reliés, même si leurs objectifs ne sont pas les mêmes.