Époque contemporaine · 1848–1871
Unification italienne
Entre 1848 et 1871, le Piémont-Sardaigne, royaume de la maison de Savoie situé au nord-ouest de la péninsule, réunit peu à peu la plupart des États italiens. Le mouvement, appelé Risorgimento, mêle guerres contre l'Autriche, alliance avec la France et expéditions de volontaires menées par Garibaldi. Le royaume d'Italie est proclamé en 1861, mais Rome, protégée par des troupes françaises, ne rejoint le royaume qu'en 1870 et devient sa capitale en 1871.
- Période
- 1848–1871
- Type de conflit
- Guerre d'indépendance
- Pays concernés (aujourd'hui)
- Italie, Autriche, France
- Camps en présence
- Piémont-Sardaigne, puis royaume d'Italie, avec l'appui de la France en 1859 et les volontaires de GaribaldicontreEmpire d'Autriche, qui domine le nord de la péninsule, États pontificaux et royaume des Deux-Siciles
- Issue
- Réunification de la majeure partie de la péninsule en un royaume d'Italie, dont Rome devient la capitale en 1871.
Les causes
Jusqu'au milieu du XIXe siècle, la péninsule est divisée en plusieurs États : le royaume de Piémont-Sardaigne, le royaume des Deux-Siciles, les États pontificaux, le grand-duché de Toscane, et des territoires dominés par l'Autriche, comme la Lombardie et la Vénétie. Le Risorgimento, mouvement national, rêve d'une Italie unie, portée par des républicains comme Mazzini et des libéraux comme Cavour. Les révolutions de 1848 qui agitent l'Europe offrent au Piémont l'occasion de faire la guerre à l'Autriche.
Le congrès de Vienne, en 1815, rétablit la domination autrichienne sur la Lombardie et la Vénétie, et confie plusieurs États à des souverains restaurés. Les sociétés secrètes, comme les carbonari, tentent des soulèvements en 1820-1821 et en 1831, qui échouent. En 1831, Mazzini fonde à Marseille la Jeune Italie, qui réclame une république unitaire. Des milieux économiques du Nord, gênés par les douanes intérieures et le morcellement, souhaitent eux aussi des réformes. Quand Pie IX, élu pape en 1846, lance des réformes libérales, le mouvement national s'enhardit.
Le déroulement
En 1848, le Piémont-Sardaigne attaque l'Autriche, mais la défaite de Custoza, puis celle de Novare en 1849, mettent fin à cette première guerre d'indépendance. Cavour, chef du gouvernement piémontais, se rapproche alors de la France et obtient l'appui de Napoléon III. En 1859, les armées franco-piémontaises battent les Autrichiens à Magenta et à Solférino ; la Lombardie revient au Piémont-Sardaigne, et la France reçoit en échange Nice et la Savoie, en 1860.
En 1860, Garibaldi part de la région de Gênes à la tête de volontaires, les Mille, et conquiert la Sicile puis le sud de la péninsule, qui appartient au royaume des Deux-Siciles. Inquiet de l'ampleur de cette expédition, Cavour fait avancer l'armée piémontaise dans les États pontificaux. Des plébiscites approuvent le rattachement des territoires conquis. En 1861, le royaume d'Italie est proclamé, avec Victor-Emmanuel II pour roi. La Vénétie reste autrichienne jusqu'en 1866, année où elle est cédée à l'Italie après la guerre austro-prussienne. Enfin, pendant la guerre franco-prussienne, les troupes françaises quittent Rome : les troupes italiennes la prennent en 1870, et Rome devient capitale en 1871.
En mars 1848, les Cinque Giornate, « cinq journées », chassent les Autrichiens de Milan après cinq jours de combats de rue. À Venise, Daniele Manin proclame une république, et Charles-Albert, roi de Piémont-Sardaigne, déclare la guerre à l'Autriche. À Rome, une république est proclamée en 1849, défendue par Mazzini et Garibaldi, mais des troupes françaises rétablissent le pape en juillet 1849. Après les défaites, Charles-Albert abdique en faveur de son fils, Victor-Emmanuel II, qui conserve le Statut albertin.
En juillet 1858, à Plombières, Cavour rencontre Napoléon III et conclut un accord secret : la France aidera le Piémont à chasser les Autrichiens du nord de l'Italie, en échange de Nice et de la Savoie. La guerre éclate en avril 1859 ; après Magenta et Solférino, Napoléon III signe l'armistice de Villafranca, sans avoir obtenu la libération de la Vénétie. Cavour démissionne en signe de protestation. Le traité de Turin, en mars 1860, entérine la cession de Nice et de la Savoie à la France, et l'annexion par le Piémont des duchés de Parme et de Modène, de la Romagne et de la Toscane, après des plébiscites.
Après le débarquement en Sicile, Garibaldi bat les troupes royales de Naples à Calatafimi, puis prend Palerme et traverse le détroit de Messine. Il entre à Naples en septembre 1860 et remporte, au Volturno, en octobre, une victoire importante. Le 26 octobre, à Teano, il salue Victor-Emmanuel II et lui remet les territoires conquis, avant de regagner son île de Caprera. Ce geste laisse au roi la conduite de la suite de l'unification, notamment la question de Rome.
Les conséquences
Le nouveau royaume doit ensuite unifier ses lois et son administration, alors que le Nord et le Sud restent très différents. La question romaine, c'est-à-dire le conflit entre le pape et l'État italien, reste ouverte jusqu'en 1929, date des accords du Latran entre l'Italie et le Saint-Siège.
Dans le Sud, l'annexion est vécue par une partie de la population comme une conquête par le Nord : les paysans, déçus par l'absence de réforme agraire, se soulèvent, et le brigandage se répand de 1861 à 1865. Les historiens parlent de « question méridionale » pour décrire les écarts durables entre le Nord et le Sud. Le débat porte aussi sur la nature du mouvement : pour certains, c'est une unification nationale réussie ; pour d'autres, une extension du royaume de Piémont, imposée par la monarchie. La mémoire du Risorgimento, avec Garibaldi et Mazzini, reste centrale dans l'identité italienne.
Frise chronologique
- 1848Première guerre d'indépendance du Piémont-Sardaigne contre l'Autriche
- 1859Les armées franco-piémontaises battent les Autrichiens à Magenta et Solférino
- 1860Garibaldi et les Mille conquièrent la Sicile et le sud de la péninsule
- 1861Proclamation du royaume d'Italie avec Victor-Emmanuel II
- 1866La Vénétie est cédée à l'Italie après la guerre austro-prussienne
- 1870Les troupes italiennes prennent Rome
Personnages clés
- Camillo Benso, comte de Cavour, chef du gouvernement piémontais, artisan de l'alliance avec la France
- Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne, puis premier roi d'Italie
- Giuseppe Garibaldi, chef des Mille, qui conquiert le sud de la péninsule en 1860
- Napoléon III, empereur des Français, allié du Piémont contre l'Autriche en 1859
Testez-vous en 3 questions
Question 1 sur 3
Qui conduit l'expédition des Mille en Sicile en 1860 ?
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Risorgimento ?
Le mot signifie « relèvement » ou « renaissance » en italien. Il désigne le mouvement politique, culturel et national du XIXe siècle qui vise à unir l'Italie. Il rassemble des courants différents : des monarchistes, comme Cavour, qui veulent une Italie dirigée par la maison de Savoie, et des républicains, comme Mazzini.
Pourquoi Rome a-t-elle été la dernière étape ?
Rome est la capitale des États pontificaux, dont le pape défend l'indépendance. Tant que des troupes françaises protègent le pape, l'annexion est impossible. Quand la France retire ses troupes pendant la guerre franco-prussienne, les troupes italiennes entrent dans Rome en 1870, et la ville devient capitale en 1871.