Moyen Âge · 1455–1487

Guerre des Deux-Roses

De 1455 à 1487, deux familles royales, les Lancastre et les York, se disputent le trône d'Angleterre. Leurs emblèmes, une rose rouge et une rose blanche, donnent leur nom au conflit. Après de nombreuses batailles et plusieurs changements de roi, Henri Tudor bat Richard III à Bosworth en 1485 et fonde une nouvelle dynastie.

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Période
1455–1487
Type de conflit
Guerre civile
Pays concernés (aujourd'hui)
Royaume-Uni
Camps en présence
Maison de Lancastre (rose rouge)contreMaison d'York (rose blanche)
Issue
Victoire d'Henri Tudor, qui fonde la dynastie des Tudor.

Les causes

La fin de la guerre de Cent Ans, perdue par l'Angleterre en 1453, laisse un royaume mécontent. Le roi Henri VI, de la maison de Lancastre, est faible et connaît des crises de folie. Le duc Richard d'York, qui descend lui aussi d'Édouard III, conteste son pouvoir. Des nobles puissants prennent parti pour l'un ou l'autre camp.

Au XVe siècle, la noblesse anglaise entretient de grandes suites armées de partisans, ce qui rend les rivalités de clans explosives. Henri VI est le petit-fils d'Henri IV, qui avait déposé Richard II en 1399, et son titre reste contesté. Richard d'York peut revendiquer la couronne par sa mère, descendante de Lionel de Clarence, deuxième fils d'Édouard III. En 1453, la folie du roi laisse le pouvoir vacant, et York est nommé protecteur du royaume en 1454, ce qui rend le conflit inévitable. Les défaites en France alimentent en outre les accusations contre les conseillers de la cour.

Le déroulement

La première bataille a lieu à Saint-Albans, en 1455. Richard d'York est tué en 1460, mais son fils devient roi sous le nom d'Édouard IV après la victoire de Towton, en 1461, l'une des batailles les plus meurtrières d'Angleterre. Le comte de Warwick, surnommé « le faiseur de rois », change de camp et rétablit brièvement Henri VI. En 1471, Édouard IV l'emporte à Barnet et à Tewkesbury, et reprend le trône.

À la mort d'Édouard IV, en 1483, son frère Richard devient roi sous le nom de Richard III ; les deux fils d'Édouard, enfermés à la Tour de Londres, disparaissent. En 1485, Henri Tudor, héritier du camp lancastrien, bat et tue Richard III à Bosworth. Il devient Henri VII et épouse Élisabeth d'York, ce qui réunit les deux maisons. La dernière bataille a lieu en 1487.

Entre 1459 et 1460, la guerre prend une autre tournure. À Ludford Bridge, en octobre 1459, les partisans d'York se dispersent, et plusieurs chefs s'enfuient à l'étranger. En juillet 1460, la victoire yorkiste à Northampton permet de capturer Henri VI. En octobre 1460, un accord fait de Richard d'York l'héritier du trône, au détriment du fils d'Henri VI. Richard d'York est tué à Wakefield en décembre 1460, mais son fils Édouard remporte la bataille de Mortimer's Cross en février 1461, avant la grande victoire de Towton.

La reine Marguerite d'Anjou, épouse d'Henri VI, incarne la résistance lancastrienne. Elle remporte la seconde bataille de Saint-Albans en février 1461, sans pouvoir ensuite s'emparer de Londres. En 1464, Édouard IV épouse en secret Élisabeth Woodville, une veuve sans grande fortune, ce qui froisse le comte de Warwick, qui avait négocié pour lui un mariage avec une princesse de Savoie. Warwick, humilié, se rapproche alors de Marguerite d'Anjou, son ancienne adversaire. Après la défaite de Tewkesbury, en 1471, Marguerite est faite prisonnière, et son fils, le prince Édouard, est tué.

En 1483, le duc de Buckingham, qui avait soutenu Richard, se révolte contre lui et échoue. En 1484, le Titulus Regius, adopté par le Parlement, déclare illégitimes les enfants d'Édouard IV en invoquant une promesse de mariage antérieure à celui de leurs parents, ce qui légitime après coup l'accession de Richard au trône. Henri Tudor, réfugié en Bretagne, débarque au pays de Galles en août 1485 avec le soutien de la France, puis réunit des partisans en marchant vers l'Angleterre.

Les conséquences

Les Tudor règnent sur l'Angleterre de 1485 à 1603 : Henri VIII et Élisabeth Ire en sont les souverains les plus connus. La guerre a décimé la haute noblesse, ce qui renforce le pouvoir royal. Le nom de « guerre des Deux-Roses » s'est répandu au XIXe siècle, notamment grâce à l'écrivain Walter Scott.

Shakespeare, dans ses pièces sur Henri VI et Richard III, présente Richard comme un roi cruel et usurpateur, une image qui s'impose longtemps dans la culture anglaise. En 2012, des archéologues retrouvent les restes de Richard III sous un parking de Leicester, et ils sont réinhumés en 2015 dans la cathédrale de la ville. Les historiens débattent encore de la responsabilité de Richard dans la disparition des jeunes princes enfermés à la Tour de Londres, sans qu'aucune preuve ne tranche définitivement.

Frise chronologique

  1. 1455Première bataille de Saint-Albans
  2. 1461Victoire d'York à Towton : Édouard IV devient roi
  3. 1471Édouard IV écrase les Lancastre à Tewkesbury
  4. 1485Henri Tudor bat Richard III à Bosworth
  5. 1487Bataille de Stoke Field, la dernière

Personnages clés

  • Henri VI, roi de la maison de Lancastre, de santé fragile
  • Édouard IV, premier roi de la maison d'York
  • Richard III, dernier roi d'York, tué à Bosworth
  • Henri VII, Henri Tudor, fondateur de la dynastie Tudor

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Questions fréquentes

Pourquoi « guerre des Deux-Roses » ?

Les maisons de Lancastre et d'York avaient pour emblèmes une rose rouge et une rose blanche. Mais ce nom s'est surtout répandu plus tard, au XIXe siècle. À l'époque, on parlait plutôt de guerres civiles.

Que sont devenus les « princes de la Tour » ?

Édouard V, âgé de 12 ans, et son frère sont enfermés à la Tour de Londres en 1483 par leur oncle Richard III, puis disparaissent. On pense généralement qu'ils ont été tués, mais les circonstances et le coupable restent débattus.