Époque contemporaine · 1979–1989

Guerre soviétique en Afghanistan

En décembre 1979, l'armée soviétique entre en Afghanistan pour soutenir le régime communiste de Kaboul face à la résistance armée des moudjahidines. Le conflit, long et coûteux, se poursuit jusqu'en 1989, année du retrait des dernières troupes soviétiques. Le pays s'enfonce ensuite dans la guerre civile, dans un contexte de rivalités régionales et internationales.

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Période
1979–1989
Type de conflit
Guerre froide
Pays concernés (aujourd'hui)
Afghanistan, Russie, Pakistan
Camps en présence
Union soviétique, qui appuie le gouvernement communiste afghan (Parti démocratique populaire d'Afghanistan)contreMoudjahidines afghans, groupes de résistance armée, soutenus par le Pakistan, les États-Unis et l'Arabie saoudite
Issue
Échec de l'URSS : retrait soviétique en 1989, puis chute du gouvernement communiste de Kaboul en 1992.

Les causes

Le coup d'État communiste d'avril 1978 installe à Kaboul un régime qui mène des réformes contestées et se heurte à une forte opposition, notamment religieuse et rurale. Des révoltes éclatent dans plusieurs régions. En décembre 1979, Moscou envoie l'armée pour soutenir le pouvoir. Les motifs de cette décision, débattus par les historiens, combinent la défense d'un allié, la crainte d'une contagion islamiste et la rivalité avec les États-Unis.

Les origines de l'intervention remontent aux années 1970. En juillet 1973, Mohammed Daoud Khan renverse le roi Zaher Chah et se rapproche de Moscou ; en décembre 1978, l'URSS signe avec Kaboul un traité d'amitié. Le Parti démocratique populaire d'Afghanistan, marxiste, est alors divisé en deux factions rivales, Khalq et Parcham, dont les luttes s'intensifient. En septembre 1979, Hafizullah Amin prend le pouvoir ; Nour Mohammad Taraki, chef de l'État, meurt en octobre dans des circonstances liées à la lutte pour le pouvoir. Les dirigeants soviétiques, qui jugent Amin peu fiable, interviennent à la fin de décembre 1979.

Le déroulement

Les moudjahidines mènent une guérilla dans les montagnes et les campagnes, contre l'armée soviétique et l'armée afghane. En 1980, plusieurs pays, dont les États-Unis, boycottent les Jeux olympiques de Moscou pour protester contre l'intervention. Les pertes restent lourdes des deux côtés, et les forces soviétiques ne parviennent pas à vaincre la résistance.

En 1986, les moudjahidines reçoivent des missiles antiaériens Stinger fournis par les États-Unis, qui compliquent l'action de l'aviation soviétique. Sous Mikhaïl Gorbatchev, l'URSS cherche une sortie de crise. Les accords de Genève, signés en avril 1988 entre l'Afghanistan et le Pakistan et garantis par l'URSS et les États-Unis, prévoient le retrait soviétique, achevé en février 1989. Après le départ des Soviétiques, les factions de la résistance s'affrontent, et le gouvernement de Kaboul tient encore quelques années grâce à l'aide de Moscou.

Dès 1980, l'armée soviétique tient les grandes villes et les axes routiers, tandis que les moudjahidines contrôlent une grande partie des campagnes et des zones montagneuses. Ces groupes, rivaux entre eux, s'organisent en partis armés, comme le Hezb-e Islami de Gulbuddin Hekmatyar ou la Jamiat-e Islami de Burhanuddin Rabbani. Dans la vallée du Panchir, Ahmad Shah Massoud mène plusieurs offensives contre l'armée soviétique, qui ne parviennent pas à le vaincre. De nombreux Afghans trouvent refuge au Pakistan et en Iran, dans des camps installés le long de la frontière.

En mars 1985, Mikhaïl Gorbatchev arrive au pouvoir à Moscou et juge la guerre coûteuse et impopulaire. En mai 1986, Babrak Karmal est remplacé à la tête du parti par Mohammad Najibullah, ancien chef des services de renseignement, qui mène une politique de réconciliation nationale. Moscou réduit progressivement ses opérations offensives et confie davantage de missions à l'armée afghane. Les pourparlers indirects, conduits sous l'égide de l'ONU entre Kaboul et Islamabad, progressent alors. L'Afghanistan reste cependant divisé entre le pouvoir de Kaboul, qui contrôle les villes, et une résistance qui tient la majorité des campagnes.

Les forces soviétiques et afghanes détruisent des villages, des canaux d'irrigation et des récoltes pour priver la guérilla de ses appuis, ce qui pousse une partie de la population à l'exode. Les hélicoptères de combat Mi-24 deviennent un symbole de l'intervention, tandis que les mines antipersonnel, posées en grand nombre, causent durablement des accidents dans les campagnes. Du côté de la résistance, le programme américain connu sous le nom d'opération Cyclone, relayé par les services pakistanais, finance et arme les moudjahidines. Ces réseaux, qui passent par la frontière, forment aussi des combattants venus de plusieurs pays musulmans.

Les conséquences

L'Afghanistan est ravagé par le conflit, et une part importante de sa population fuit le pays. Le régime de Najibullah tombe en 1992 et la guerre civile s'intensifie ; en 1996, les talibans prennent Kaboul. L'URSS, dont la guerre a pesé sur l'économie et l'image, est dissoute en 1991.

Les séquelles de la guerre marquent durablement le pays, avec la présence de mines antipersonnel et la destruction des infrastructures. Pour l'URSS, la guerre est souvent présentée comme un facteur d'usure du régime, mais les historiens débattent de son poids réel dans la chute de l'Union soviétique. Aux États-Unis, le rôle de l'aide à la résistance fait lui aussi l'objet de discussions, notamment à propos des volontaires arabes venus combattre, dont Oussama ben Laden, qui fonde Al-Qaïda en 1988. Les récits russes et afghans de la guerre restent très contrastés, et l'héritage du conflit pèse sur les débats sur les interventions étrangères dans la région.

Frise chronologique

  1. 1979L'armée soviétique entre en Afghanistan
  2. 1980Plusieurs pays, dont les États-Unis, boycottent les Jeux olympiques de Moscou
  3. 1986Les moudjahidines reçoivent des missiles Stinger américains
  4. 1988Accords de Genève sur le retrait soviétique
  5. 1989Les dernières troupes soviétiques quittent l'Afghanistan

Personnages clés

  • Léonid Brejnev, dirigeant soviétique au pouvoir lors de l'intervention de 1979
  • Babrak Karmal, dirigeant afghan installé par Moscou en 1979
  • Ahmad Shah Massoud, chef de la résistance dans la vallée du Panchir
  • Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant soviétique qui décide le retrait des troupes

Testez-vous en 3 questions

Question 1 sur 3

Quel dirigeant soviétique est au pouvoir lors de l'entrée de l'armée en Afghanistan, en 1979 ?

Questions fréquentes

Qui sont les moudjahidines ?

Le terme désigne les combattants de la résistance afghane. Ils sont divers : islamistes, nationalistes, conservateurs tribaux, unis surtout par leur opposition au régime de Kaboul et à l'armée soviétique. Ils sont soutenus de l'extérieur par le Pakistan, les États-Unis et l'Arabie saoudite.

Pourquoi l'URSS s'est-elle retirée ?

Le retrait s'explique par le coût de la guerre, l'isolement diplomatique de l'URSS et la politique de réformes de Mikhaïl Gorbatchev. Les historiens soulignent aussi que la guerre ne permettait pas de stabiliser le régime de Kaboul.