Techniques de mémorisation : acronymes, palais de la mémoire et blocs
Par Lorenzo Geano · Mis à jour le 2 novembre 2026 · 5 min de lecture
Certaines informations se retiennent mal : une liste de mots sans lien, des conjonctions de coordination, des pays à associer à leur capitale. Les techniques de mémorisation créent alors un appui : un mot formé avec des initiales, une phrase-repère, un parcours imagé. La méthode des lieux est décrite dès l'Antiquité par des auteurs romains comme Cicéron. Cet article explique à quoi servent ces techniques, quand elles aident et comment les combiner avec les jeux Mnemoz.
À quoi servent les techniques de mémorisation ?
Ces techniques donnent un support à une information difficile à retenir : une liste sans logique apparente, ou une association arbitraire entre un nom et un fait. Elles ne servent pas à tout. Dunlosky et al. (2013) classent les mots-clés mnémotechniques parmi les techniques d'utilité faible pour l'apprenant moyen, comme méthode générale pour comprendre un cours. Elles complètent donc les techniques jugées de forte utilité, se tester et espacer les révisions, sans les remplacer.
Elles conviennent surtout à des listes et à des associations à retenir mot pour mot. Un exercice comme citer toutes les capitales en est un exemple : chaque pays est associé à une capitale par une association arbitraire.
Les acronymes et les phrases-repères
Un acronyme forme un mot avec les premières lettres des éléments d'une liste. Une phrase-repère fait de même avec une phrase dont les mots rappellent les éléments à retenir. L'exemple courant est « Mais où est donc Ornicar » pour les conjonctions de coordination mais, ou, et, donc, or, ni et car : « mais », « où », « est » et « donc » rappellent chacun une conjonction, et « Ornicar » en rappelle trois.
Une phrase-repère ne sert que si elle est plus facile à retenir que la liste elle-même. Elle peut dépanner pour une courte liste à réciter, mais elle ne remplace pas la compréhension de la règle.
Regrouper l'information en blocs
La mémoire de travail ne retient que quelques éléments à la fois, environ quatre « blocs » (Cowan, 2001). Regrouper l'information permet donc de traiter un ensemble plus large avec peu d'éléments à tenir. Quelques exemples de regroupements :
Une liste de capitales se range par continent, puis par région.
Des drapeaux se regroupent par familles : les croix nordiques, les tricolores à bandes verticales.
La méthode des lieux consiste à placer chaque élément à retenir sur une étape d'un parcours que l'on connaît bien, puis à retrouver les éléments en refaisant ce trajet dans sa tête. Des auteurs romains comme Cicéron la décrivent. Dresler et al. (2017) rapportent que six semaines d'entraînement à cette méthode ont nettement amélioré le rappel de listes de mots chez des participants novices.
Un exemple pas à pas
Choisir un parcours connu, de 5 à 10 étapes : la porte d'entrée, le couloir, la cuisine, le banc du jardin.
Associer à chaque étape un élément de la liste, avec une image par élément.
Reparcourir le trajet dans le même ordre pour retrouver les éléments.
Associer les éléments à des images
Dans la méthode des lieux, chaque élément est associé à une image, et cette image sert d'appui pour le retrouver. Pour une liste de mots, on peut aussi imaginer une scène qui relie les mots entre eux. C'est un exemple courant de la technique, et non un résultat de recherche.
Pour un texte, Dunlosky et al. (2013) jugent l'imagerie mentale d'utilité faible. Ces images sont donc surtout un outil pour des listes.
Combiner les techniques avec Mnemoz
Pour les capitales, regroupez les pays par continent, puis essayez de les citer en entier avec le jeu où il faut citer toutes les capitales, dans le temps imparti. Les capitales et les pays acceptent les quatre langues du site.
Les jeux de géographie sur une carte du monde permettent aussi de placer une capitale ou de nommer un repère. Les quiz du site, avec une explication après chaque réponse, servent à vérifier ce qui a été retenu.
Une technique de mémorisation ne suffit pas seule : il faut aussi se tester et revenir sur l'information plusieurs fois. Pour cela, l'article sur les techniques d'étude les mieux soutenues donne une vue d'ensemble.
Questions fréquentes
Ces techniques marchent-elles vraiment ?
Elles aident sur certaines tâches, mais leur place reste limitée. Dresler et al. (2017) rapportent une nette amélioration du rappel de listes de mots chez des participants novices, après six semaines d'entraînement à la méthode des lieux. Dunlosky et al. (2013) jugent en revanche les mots-clés mnémotechniques d'utilité faible comme méthode générale pour comprendre un cours.
Faut-il être doué pour les utiliser ?
Non, la méthode des lieux s'apprend. Dans l'étude de Dresler et al. (2017), des participants novices ont nettement amélioré leur rappel après six semaines d'entraînement. Les acronymes et les blocs demandent peu de matériel : une phrase à trouver, ou une liste à regrouper.
Par laquelle commencer ?
Commencez par le regroupement en blocs, qui ne demande aucun matériel : une liste se range par familles avant d'être récitée. La mémoire de travail ne retient que quelques éléments à la fois (Cowan, 2001). Ensuite, pour une liste à retenir mot pour mot, essayez la méthode des lieux sur un parcours que vous connaissez.
Dunlosky, J., Rawson, K. A., Marsh, E. J., Nathan, M. J., & Willingham, D. T. (2013). Improving students' learning with effective learning techniques: Promising directions from cognitive and educational psychology. Psychological Science in the Public Interest, 14(1), 4-58. DOI
Cowan, N. (2001). The magical number 4 in short-term memory: A reconsideration of mental storage capacity. Behavioral and Brain Sciences, 24(1), 87-114. DOI
Dresler, M., Shirer, W. R., Konrad, B. N., et al. (2017). Mnemonic training reshapes brain networks to support superior memory. Neuron, 93(5), 1227-1235. DOI
Les études sont résumées simplement. Les calendriers et routines donnés en exemple sont des repères courants, pas des résultats de recherche.
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